lundi 7 février 2011

DIJON CAPITALE SPIRITUELLE ET CULTURELLE DE L'EUROPE



L'archiduc Karl (à droite) en 2007 devant le tombeau de son aïeul


Le musée de Dijon, jadis le "premier de France après le Louvre comme on disait au temps de Pierre Quarré, veut le redevenir. La Ville ne cesse de rêver de son grand musée des beaux-arts et les travaux de restauration (galerie de Bellegarde) et d’agrandissement durent déjà depuis quelques années.

On sait que la part ducale et flamande est essentielle à ce musée installé dans le palais même où les ducs ont vécu, et combien les tombeaux de Jean-Sans-Peur et de Philippe-le-Hardi – ramenés de Champmol après la Révolution – sont des trésors intestimables en raison de la statuaire (Jehan de la Huerta, Claus de Werve, Claus Sluter) qui les garnit, ces "pleurants" incomparables dont chacune des postures, sous capuchon, est un signe historique et spirituel.

Les Américains les découvent pour partie depuis deux ans déjà, et la tournée pleurante est loin d’être terminée. Au musée même, on enlève ceux du tombeau du Hardi duc pour les exposer dans une autre salle tandis que les travaux vont être effectués dans la célèbre salle des gardes.





Je me rappelle alors l’émotion qui fut celle de l’archiduc Karl de Habsbourg – descendant direct de Philippe-le-Bon via sa petite fille Marie de Bourgogne – quand il demanda à voir ces tombeaux lors d’une de ses visites de préparation de la tenue du chapitre de la Toison d’or qui s’est tenu dans la ville de sa fondation il y a trois ans.

Et qu’a dit l’archiduc en s’adressant alors aux Bourguignons et Dijonnais lors de cette mémorable visite ? Ceci, souvenons-nous : "Mais c’est seulement maintenant, – après que nous avons célébré la messe ici le jour de saint André, le jour traditionnel du chapitre de l’Ordre de la Toison d’or, c’est seulement maintenant que nous savons, pas seulement rationnellement, que nous sommes de retour à Dijon. Nous sentons avec tout notre cœur, avec toute notre émotion, que nous sommes vraiment de retour à nos racines". 

Et il conclut : "Nous nous sentons très proches dans la vraie capitale spirituelle, dans la vraie capitale culturelle de l’Europe."

Dijon, vraie capitale spirituelle et culturelle de l’Europe… Cela peut paraître excessif mais, au regard de l’Histoire, je n’en suis vraiment pas sûr.

Michel HUVET


2 commentaires:

  1. Prêchi, prêcha...
    "Vivre à Dijon", un oxymore ; "mourir à Dijon", un pléonasme, disait à Camille Laurens son professeur de philo du Lycée Carnot.
    Elle est partie à Paris et n'en est plus revenue qu'en coup de vent.

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  2. Je parlais du patrimoine, cher docteur, qui fait de Dijon une ville que les Dijonnais d'aujourd'hui ne méritent pas !
    Merci.

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