mardi 28 janvier 2020

DES ELECTIONS DANS UN DROLE D'ETAT


Après une folle année de jaunisse et d'invectives diverses et variées, voici revenu le temps des urnes et d'un peu de démocratie. Le pays est effectivement dans un drôle d'état et bien des maires ne cachent pas leur ras-le-bol. Pas les maires des grandes villes qui ont des milliers de serviteurs, mais les maires de petites cités rurales où ils sont à la fois assistants sociaux, administrateurs obéissants, dépanneurs ou facteurs quand ce n'est pas infirmiers ou pompiers.

A l'aune de ces réalités que peut le vote de mars, au moins en Côte-d'Or ? A y bien regarder, les élus en place n'ont pas trop de souci à se faire s'ils se représentent, bien sûr. Car nombreux sont ceux qui estiment avoir bien mérité une retraite, à points ou pas, comme sont nombreux ceux qui ne voient plus l'intérêt de défendre des villages que les communautés de communes ont privé de toute possibilité d'initiative en termes d'eau, d'assainissement ou d'urbanisme. La politique politicienne n'a rien avoir dans ces territoires.

De Dijon à Chevigny via Talant

Ou a-t-elle dont encore à voir ? Exemples parmi d'autres : à Chevigny-Saint-Sauveur où la gauche voudrait bien retrouver un semblant de crédit, ne serait-ce que pour faire arriver le tram métropolitain jusqu'à elle. Dénia Hazhaz mène tambour battant une opération séduction qui pourrait bien finir par payer ; à Talant où là aussi la gauche (Stephan Woynarowski) veut profiter du retrait de Gilbert Menut pour reprendre en main l'une des toutes premières villes du département. Et à Dijon ? Eh ! Bien là, c'est tactique sur tactique. Rebsamen y retourne tout en voyant ses alliés de toujours (Verts, communistes surtout) faire bande part (jusqu'au second tour?) tandis que la droite a fini par se rallier à Emmanuel Bichot mais sans empêcher des ecolos ou des marcheurs venir se ranger sous leur propre bannière.
Et nos députés ou sénateurs, quel rôle leur reste-t-il à jouer dans ce contexte ? Petit, tout petit rôle, la loi qui les a privés de vrai territoire les laissant dans l'ombre la plus noire d'un vraiment drôle d'Etat.



Michel HUVET






mercredi 1 janvier 2020

AU BOUT DU CHEMIN


Reclus de fatigue
Au bout des semaines de marche
Désencombré de moi
Et des colifichets de mes désirs
Assis au bord du fleuve
Je me suis mis à chanter

Mais qui es-tu donc
Toi qui es debout là-bas
Dans l’ombre de saint Jacques
Debout et tout aussi fourbu
Avec tes vêtements de pauvre
Et tes airs de mendiant ?





Pourquoi cette lumière
Autour de ta faiblesse insigne
Pourquoi cette paix soudain
Tout au fond de mon âme
Et cette joie dans l’envie
De courir attraper ta main ?

Voyageur enfin débarrassé
De tout bagage et de toute ambition
Lavé par ton regard
Je ne vois plus d’autre raison de vivre
Que de t’ouvrir à deux battants
Les portes de ma maison

Assis au bord du fleuve
Je me suis mis à chanter
Désencombré de moi
Et des colifichets de mes soupirs
Au bout de tant de chemins creux
Je t’ai enfin trouvé

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Michel Huvet, in Stances pour Compostelle
2009