vendredi 5 octobre 2018

À L'ASSAUT DES MAIRIES : C'EST (DÉJÀ) PARTI !



La nature a horreur du vide. Les partis éparpillés,  volatilisés, mutilés par la vague macroniste de 2017, se réveillent petit à petit, largement aidés par les postures contradictoires d’une présidence qui tient ses affidés par des ficelles trop légères pour ne pas se rompre. François Patriat, en coulisses, tente de ramasser les déchets, postule même pour l’Intérieur, et en Côte-d’Or, rassure tous les élus en marche qui voient se poindre les municipales avec une certaine angoisse…

Car pour les mairies, on va se battre. Les spoliations d’aides étatiques, les suppressions de taxes diverses et variées ont réveillé les maires qui ne savent plus comment joindre les deux bouts, énervés aussi par la mise en place de communautés de communes ou de métropoles qui ne leur laissent, à priori, que les yeux pour pleurer. Donc on va passer à l’attaque et tenter de ne pas se laisser abattre par les élus nationaux qui veulent tout soudain, à l’instar de Gérard Collomb à Lyon, retrouver leur rassurante base locale.

Tourmentes urbaines 

En Côte-d’Or, on se secoue partout, discrètement quand on peut, on palabre en coulisses, on sussurre en aparté, on regarde le paysage politique méconnaissable. Exemple à Dijon : le maire, ancien ministre PS, a vu ses alliés d’hier devenus aujourd’hui des marcheurs opposants (Didier Martin, député au cas où vous l’eussiez oublié), et tente de remobiliser un PS bien éclaté façon puzzle. A sa droite, tout autant divisés, les élus se regardent en chiens de faïence, Bourguignat par ci,  Bichot par là, et tapi dans l’ombre un DLDG (comprenez David Lanaud du Gray) qui n’a pas renoncé à jouer les empêcheurs de politiquer en rond. On parle même du retour à Dijon du député Remi Delatte, ancien maire de Saint-Apollinaire déchu par loi du non cumul, qui voudrait mettre tout le monde d’accord ! Quelques-uns soupirent enfin en murmurant le nom de Laurent Grandguillaume, sauveur national des chômeurs de longue durée…

Mais il n’y a pas que Dijon ! Il y a Talant où la droite vient de déclarer l’union sacrée en élisant adjoint au maire celui qui était hier son premier Brutus, il y a Plombières où l’imbroglio est total, il y a Neuilly-Crimolois – nouvelle commune – où personne ne veut perdre sa place, il y a Montbard, Vénarey, Précy, Semur où les maires sortants voient surgir de partout des cafards improbables et des comptes à régler depuis belle lurette, il y a Vitteaux où quelques égarés voudraient bien que cette ville déjà à l’agonie ne meure pas complètement,  il y a même Beaune où le maire a bien su ne pas retrouner à l’Assemblée pour garder sa mairie, son festival de cinéma et sa cité des vins mais où un élu en marche voudrait bien soutenir une opposition réveillée.

Ah ! J’oubliais : les élections européennes se profilent aussi dans une Europe bien malade : rien ne dit que, du coup, ces municipales ne seront pas repoussées d’un an !

Michel HUVET



mardi 21 août 2018

PUISQUE JE VOUS DIS QUE TOUT VA BIEN !


 « On ne vous lit plus beaucoup en ce moment » me disent de nombreuses personnes en cet été où la canicule gonfle bien malencontreusement les cerveaux, très rétrécis par les réseaux sociaux.

Dificile de se mêler à la torpeur que provoquent les stupides fake-news, les noyades dans les piscines de luxe, les baisses de la CSG, les ponts qui s’effondrent faute d’entretien, les touristes affolés par les tremblements de terre survenus pendant leurs lointaines escapades de riches bourgeois, les navrantes sorties de vieux politiciens essoufflés et qui avancent comme des canards sans tête.

Avignon en "in" 

Heureusement, il y a l’art, le livre, le théâtre, les concerts. On revit en Auxois, en Châtillonnais, en Saint-seinois – pas à Dijon, il n‘y a rien – et même en Avignon où la chaleur et les cigales ont quand même parfumé des rencontres que ne sont pas parvenus à troubler les écervelés supporters du mondial de football. L’actualité est sur toutes les scènes, mais cette fois l’esprit critique est satisfait.

Avignon : sortie de la gare 
Des Sentinelles qui gardent des postes frontières absurdes aux DRH déjantés qui rendent ridicules les emplis proposés (Boxons) en passant par les Liaisons dangereuses d’un Laclos très actuel ou cette Ascension (politique) de deux énarques très contemporains, voilà qui vous remet l’esprit en place et vous rend l’âme désaltérée. De là, on s’en vient déguster un jus de pomme bio chez les Zuns’possible de Chamesson, on va se délecter d’un peu de Bach à Saint-Vorles de Châtillon-sur-Seine, on relit le Juste ciel d’Eric Chevillard et quelques Pensées de Pascal et je vous jure que tout va mieux.

Inquiétude rampante

Il n’en demeure pas moins que l’inquiétude est là, rampante mais réelle, au vu des femmes battues ou harcelées, des victimes d’incendies de forêt pas tous dûs au réchauffement climatique, des églises profanées, des bateaux de migrants qui coulent tandis ques passeurs s’enrichissent, des turpitudes diverses et variées qui jouent avec le feu nucléaire comme un enfant avec un cerf-volant.

Mais je vous répète que tout va bien .

Michel HUVET