lundi 10 janvier 2011

COUP DE COLÈRE, COUP DE NAUSÉE




Une fois encore, l’indifférence règne. Maîtresse absolue de nos additions de jours banaux. Folle ignorance de l’autre. Mépris inconscient de tout ce qui n’est pas soi. Laisser-aller. Politique de l’autruche. La nausée nous gagne.

Car enfin, quoi ? On voudrait nous faire croire que c’est important de présenter des listes de candidats aux cantonales en Côte-d’Or, que tout va se jouer de notre destin parce que la majorité UMP est menacée de ne plus être la majorité, que notre avenir dépend de la réélection ou non du conseiller général de Vitteaux ou de celui de Saint-Jean-de-Losne.

Pendant ce temps-là, dans l’indifférence générale – seul le Pape crie dans ce désert, mais le Pape c’est bien connu, ne mérite qu’une caricature –, le Sud-Soudan vote pour son indépendance sous la menace d’un famine et d’une misère inimaginables, les coptes d’Egypte se font massacrer en pleine messe, comme leur frères irakiens quinze jours plus tôt, les Ivoiriens s’entredéchirent parce qu’un invraisemblable potentat refuse de prendre sa retraite de dictateur et que son opposant, régulièrement élu, est enfermé dans un hôtel de luxe sous la garde des casques bleus de l’Onu, et une Pakistanaise chrétienne se laisse oublier dans les geôles de son pays pour avoir refusé d’abjurer sa foi chrétienne.

A part la Côte-d’Ivoire, où les envoyés spéciaux font bombance au bord de la mer, qui parle du Sud-Soudan, des massacres en Egypte ou, – ceux-là non plus ne doivent pas être oubliés –  des enlèvements de Français au Niger ? 



Si, quelqu’un a parlé : le Père Dominique Garnier, curé de la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon, c’était dimanche dernier. Qu’a-t-il dit ? Que la liberté ne s’usait que si l’on ne s’en servait pas. Qu’il était temps de se réveiller et de parler. Que ne rien dire, c’est laisser faire ce qu’on n’a pas voulu.

Alors, oui, les cantonales…
La nausée, vous dis-je.

Michel HUVET


2 commentaires:

  1. "La liberté ne s'use que si l'on ne s'en sert pas", c'est joli...

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  2. Indignez-vous ! a dit Stéphane Hessel. Mieux vaut réagir dans l'action. A chacun de choisir sa réponse.

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