mardi 20 septembre 2011

SAINT-PHILIBERT DE DIJON : PIQÛRES DE RAPPEL

(Photo DijOnscOpe)


Les Journées du Patrimoine à Dijon ont révélé de nouveaux trésors, depuis les restes découverts après les fouilles archéologiques effectuées avant les travaux de construction du tramway jusqu’à cette église Saint-Philibert, réouverte enfin à des expositions d’art.

Les médias locaux, toujours aussi peu réfléchis, ont tenté de dire que c’était un lieu “roman” bien réhabilité, et hop, le tour était joué. Il convient de rappeler d’abord que cette église est une de deux seules nefs romanes complètes que nous ayions en France, l’autre étant Saint-Trophime en Arles. Ensuite que cette restauration et ouverture de Saint-Philibert à l’art ne date pas de 2011 et n’est pas due qu’à la seule initiative de l’actuelle municipalité.

C’est dès le début des années 80 du XX° siècle, sous le règne de Robert Poujade, que Saint-Philibert fut réhabilitée, notamment grâce à l’adjoint à la Culture, Michel Grivelet : de très importantes expositions d’art contemporain s’y déroulèrent des années durant, jusqu’à ce que les experts interdisent la fréquentation du lieu pour des raisons de sécurité : l’église ayant servi de grenier à sel après la Révolution française, ses piliers en regorgeaient et la pierre en était gonflée jusqu’à menacer de rompre.

Il fallut fermer le lieu. De savants docteurs ès pierre se penchèrent sur la malade, on y injecta des produits divers et variés susceptibles de guérir l’endroit de sa salinité. Il est vrai que l’actuel maire et son équipe décidèrent très tôt de poursuivre ce sauvetage. C’est fait. Merci.

Restera – et là aussi il y a urgence – à soigner l’enveloppe de l’église. Des touffes de hautes herbes percent sa toiture en maints endroits, des pierres sculptées tombent sur les passants ou s’effritent, les inscritions latines sculptées sur ses côtés sont dévorées par l’ussure et le vent, et son parvis encrotté mérite un peu plus de soins.

Michel HUVET

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