mercredi 3 juin 2020

MUNICIPALES : L'APPEL DU 28 JUIN


François Rebsamen (Photo X)
Si l’on met de côté la ville de Talant où l’élu final n’était pas la tête de liste, les mairies de Côte-d’Or qui n’avaient pas de second tour à attendre ont dans l’ensemble connu des résultats conformes aux prévisions. Autant dire que le coronavirus, après avoir tout démantibulé en deux mois, n’a pas empêché le “monde d’avant” de revenir sans masques !

On se pavane partout d’autosatisfaction en bombages de torse, et même si l’on n’était pas candidat, on se gargarise d’avoir su trouver des masques pour tout le bon peuple … sauf à Vitteaux où le maire réélu a écrit à chacun pour dire que les masques allaient arriver, qu’on ne s’inquiète pas ! On se doit donc d’attendre, toujours attendre, pour connaître les résultats du second tour. Parce que là, attention, le confinement a fait ses effets et l’on a eu le temps de réfléchir aux alliances possibles, discutables, envisageables.

Stéphanie Modde, candidate EELV (Photo X)
À Dijon, puisque tous les yeux sont tournés là, François Rebsamen se démène pour cacher son embarras à voir ses “amis” écologistes – qui lui étaient fidèles depuis 2001 et qui en ont bien profité – lui refuser leur soutien, au moins jusqu’après le second tour… Il fut d’ailleurs assez amusant, lors du récent conseil municipal d’après confinement, de voir une élue verte s’opposer au maire alors qu’elle est encore son adjointe. En tout cas, la marge du ministre-maire sortant, qui depuis 2001 était suffisamment large pour qu’il ne se fasse pas de souci,  s’est sérieusement réduite.
Emmanuel Bichot, candidait de la droite (Photo X)

Cette fois, la donne a donc changé, comme à Lille d’ailleurs : la pandémie a rendu aux Verts la légitimité et le soutien qui leur manquaient. Du coup, on fait la liste tous seuls, comme des grands, et on verra bien. Et celui qui se frotte les mains de cette troisième liste, c’est bien le candidat de la droite, Emmanuel Bichot – rusé et fin analyste – qui y va de larges sourires aux écologistes et leur propose presque un avenir glorieux avec lui !



L’appel du 28 juin sera-t-il entendu ?

Michel HUVET







samedi 21 mars 2020

COMME DES PETITES FLAMMES AU-DESSUS DES BOUGIES


En nous obligeant à confiner nos corps mortels, le coronavirus ne nous contraint-il pas aussi, et heureusement, à déconfiner nos esprits, nos âmes, nos consciences ? On voudrait l’espérer tant nos vies sont devenues la proie de systèmes qui nous broient, nous asphyxient, nous rendent inconscients de nous-mêmes.

Jamais nous n’avions eu à vivre pareille remise en cause de tout ce qui nous fait. Jamais nous n’avions eu une aussi vraie occasion de nous rappeler la vanité de nos chemins de vie, et la précarité de nos existences – comme des petites flammes au-dessus des bougies et qu’un simple souffle peut éteindre –.

Du coup, face au vide, face au non-avenir ou à l’inconnu d’un hypothétique demain, on se retrouve la concience à nu, comme dans le cabinet des curiosités de Chamesson où la bougie n’éclaire qu’un crâne vide. Le choc nous a fracassé l’âme. Pascal avait raison et le divertissement de nos toutes récentes activités paraît soudain aussi vain que le rocher de Sysiphe.

Symbolique du choc 

Symbolique du choc. A portée de main, opportunément, voici le dernier et auto-édité petit livre de Jean Libis, Les Chemins du vent, qui tombe à pic pour ce retournement de la conscience après le traumatisme inopiné et évidemment inattendu. Lui, le philosophe, il a chuté subitement lors de la visite d’une exposition parisienne. Et depuis, le vent de la réflexion le ramène au passé, à l’enfance, du côté de Cirey-les-Nolay.

Tandis qu’on entend d’un bout à l’autre résonner la musique schubertienne de La Jeune fille et la mort, tous les sentiers, tous les chemins d’hier se revisitent aujourd’hui et dans le murmure des feuilles ou les chants d’oiseaux, les sourires des jeunes filles d’hier, on marche aujourd’hui “dans un silence de cendres et d’herbes molles”. Jean Libis nous laisse entendre qu’”en croyant qu’on va vers la fin de la vie on ne fait que retourner vers un commencement”.

Michel HUVET