samedi 21 mars 2020

COMME DES PETITES FLAMMES AU-DESSUS DES BOUGIES


En nous obligeant à confiner nos corps mortels, le coronavirus ne nous contraint-il pas aussi, et heureusement, à déconfiner nos esprits, nos âmes, nos consciences ? On voudrait l’espérer tant nos vies sont devenues la proie de systèmes qui nous broient, nous asphyxient, nous rendent inconscients de nous-mêmes.

Jamais nous n’avions eu à vivre pareille remise en cause de tout ce qui nous fait. Jamais nous n’avions eu une aussi vraie occasion de nous rappeler la vanité de nos chemins de vie, et la précarité de nos existences – comme des petites flammes au-dessus des bougies et qu’un simple souffle peut éteindre –.

Du coup, face au vide, face au non-avenir ou à l’inconnu d’un hypothétique demain, on se retrouve la concience à nu, comme dans le cabinet des curiosités de Chamesson où la bougie n’éclaire qu’un crâne vide. Le choc nous a fracassé l’âme. Pascal avait raison et le divertissement de nos toutes récentes activités paraît soudain aussi vain que le rocher de Sysiphe.

Symbolique du choc 

Symbolique du choc. A portée de main, opportunément, voici le dernier et auto-édité petit livre de Jean Libis, Les Chemins du vent, qui tombe à pic pour ce retournement de la conscience après le traumatisme inopiné et évidemment inattendu. Lui, le philosophe, il a chuté subitement lors de la visite d’une exposition parisienne. Et depuis, le vent de la réflexion le ramène au passé, à l’enfance, du côté de Cirey-les-Nolay.

Tandis qu’on entend d’un bout à l’autre résonner la musique schubertienne de La Jeune fille et la mort, tous les sentiers, tous les chemins d’hier se revisitent aujourd’hui et dans le murmure des feuilles ou les chants d’oiseaux, les sourires des jeunes filles d’hier, on marche aujourd’hui “dans un silence de cendres et d’herbes molles”. Jean Libis nous laisse entendre qu’”en croyant qu’on va vers la fin de la vie on ne fait que retourner vers un commencement”.

Michel HUVET



mardi 28 janvier 2020

DES ELECTIONS DANS UN DROLE D'ETAT


Après une folle année de jaunisse et d'invectives diverses et variées, voici revenu le temps des urnes et d'un peu de démocratie. Le pays est effectivement dans un drôle d'état et bien des maires ne cachent pas leur ras-le-bol. Pas les maires des grandes villes qui ont des milliers de serviteurs, mais les maires de petites cités rurales où ils sont à la fois assistants sociaux, administrateurs obéissants, dépanneurs ou facteurs quand ce n'est pas infirmiers ou pompiers.

A l'aune de ces réalités que peut le vote de mars, au moins en Côte-d'Or ? A y bien regarder, les élus en place n'ont pas trop de souci à se faire s'ils se représentent, bien sûr. Car nombreux sont ceux qui estiment avoir bien mérité une retraite, à points ou pas, comme sont nombreux ceux qui ne voient plus l'intérêt de défendre des villages que les communautés de communes ont privé de toute possibilité d'initiative en termes d'eau, d'assainissement ou d'urbanisme. La politique politicienne n'a rien avoir dans ces territoires.

De Dijon à Chevigny via Talant

Ou a-t-elle dont encore à voir ? Exemples parmi d'autres : à Chevigny-Saint-Sauveur où la gauche voudrait bien retrouver un semblant de crédit, ne serait-ce que pour faire arriver le tram métropolitain jusqu'à elle. Dénia Hazhaz mène tambour battant une opération séduction qui pourrait bien finir par payer ; à Talant où là aussi la gauche (Stephan Woynarowski) veut profiter du retrait de Gilbert Menut pour reprendre en main l'une des toutes premières villes du département. Et à Dijon ? Eh ! Bien là, c'est tactique sur tactique. Rebsamen y retourne tout en voyant ses alliés de toujours (Verts, communistes surtout) faire bande part (jusqu'au second tour?) tandis que la droite a fini par se rallier à Emmanuel Bichot mais sans empêcher des ecolos ou des marcheurs venir se ranger sous leur propre bannière.
Et nos députés ou sénateurs, quel rôle leur reste-t-il à jouer dans ce contexte ? Petit, tout petit rôle, la loi qui les a privés de vrai territoire les laissant dans l'ombre la plus noire d'un vraiment drôle d'Etat.



Michel HUVET