lundi 24 mai 2021

ELECTIONS DE JUIN 21 : BINOMES ET RANCOEURS

Avec la sortie du confinement reviennent nous harceler les politiciens et leurs élections diverses et variées dont ils n’usent que pour un objectif ; garder leur place au chaud, ou gagner une place au chaud. Le reste, le projet, tout le monde a compris que c’est de la fumée pour brouiller l’avenir. Ce n’est d’ailleurs pas entièrement de leur faute car personne n’est plus là pour incarner un véritable espoir, les crises succédant aux crises, les disparités salariales ne cessant d’augmenter, le carbone minimisant tout avenir et la Covid ayant noirci le ciel.

Alors on regarde se mettre en place des listes ou des “binômes” comme on dit maintenant et on n’a qu’une idée en tête : voter pour eux, pour n’importe lesquels, ne serait-ce que pour sauver la France d’un RN dont tant de gens ne veulent pas voir qu’avec lui renaîtraient les camps pour tous les immigrés, la police politique pour les critiques, et tôt au tard le parti unique et la misère sociale. La République mérite mieux.

Du coup, on voit se dessiner un paysage politique en reconstruction. On voit se flouter la frontière entre LR et les marcheurs, Didier Martin revenir à droite, Catherine Sadon se mettre en marche, Gilles Platret montrer des dents qui rayent le parquet et François Patriat se couler au fond d’une liste LREM faute sans doute de trouver suffisamment d’hommes pour compléter la liste.

Et puis, ici ou là, on voit sonner la symphonie des adieux, une génération en remplacer doucement une autre – au revoir Colette Popard, Michel Bachelard, Paul Robinat, entre autres – et quelques âpres rancoeurs municipales se dessiner ouvertement, comme à Talant où, du coup, Bernard Depierre revient en scène, comme à Chanôve où l’on profite des cantonales pour lever une opposition au maire et à son adjoint-candidat sur fond de quartiers difficiles.

Trop tôt pour faire des pronostics. Trop tard pour garder un peu d’espoir. Le bulletin de vote, qu’on le veuille ou pas, reste notre première arme républicaine. Ne l’oublions pas.

Michel HUVET





vendredi 12 mars 2021

CULTURE : PUISQU'ON VOUS DIT QUE C'EST LA FAUTE DE LA COVID !


 

Le malaise social, dit-on volontiers, est évidemment dû à la Covid. Cela est vrai avec cette nuance : si la culture, le spectacle vivant n'étaient pas stupidement interdits, ce malaise serait quasiment réduit à zéro. Parce que seraient ainsi écrasés les sentiments de solitude, d'enfermement, de non dialogue, de tournoiement en rond de la raison, de décomposition des croyances, de la disparition de l'intergénérationel.

Le Gouvernement, et certaines collectivités territoriales, avec les pseudo-énarques qui parfois les accompagnent et les encouragent, n'ont évidemment aucune visée culturelle, sont du coup un peu responsables de cet état de fait. Elus ou réélus il y a un an à peine, certains maires n'ont eu à s'occuper que de la crise de la Covid et ont remisé aux oubliettes ce qui cimente la vie de leur commune et les a faits ce qu'ils sont : les responsables de la vie tout court des habitants de leur cité, de leurs enfants, de leurs parents et grand-parents.

Les "cultureux" en ligne de mire

Certains d'entre eux renvoient dans les cordes  les "cultureux" en leur disant que le temps n'est plus au "divertissement", ce mot horrible qui définit leur inculture et donc leur mépris du livre, de la musique, du spectacle vivant. D'autres, plus avisés, en profitent néanmoins pour réduire les budgets (même en Bourgogne Franche-Comté), oubliant que leur territoire offre aussi ateliers, résidences et spectacles pour enfants des écoles, pour les maisons de retraite, les collèges, les lycées techniques et que l'Etat, les régions, l'Education nationale ou les départements les financent pour cela.

D'autres enfin, comme on vient de le voir près d'Agen, dans la Marne ou dans le Grand-Est sautent sur l'occasion pour fermer les établissements culturels ou licencier leur directeur histoire de régler des comptes politiques après avoir repris leur ville il y a un an à ceux qui les avaient nommés.

Et pendant ce temps-là les compagnies crèvent, les artisans du spectacle crient au secours, les spectateurs hurlent leur désarroi, les enfants s'abrutissent devant les bêtises télévisées ou leur smartphone.

Et on nous rabâchera après que tout cela c'est bien la faute de la Covid...

Michel HUVET