mercredi 4 septembre 2013

MUNICIPALES CÔTE-D'OR : LA DROITE PILONNE LA GAUCHE

François Sauvadet et François Baroin à Vitteaux 


Il a fallu la fête de la Rose à Frangy-en-Bresse pour que se mette en place la fête des Bourguignons à Vitteaux. François Sauvadet, désormais seul grand leader de la droite républicaine en Bourgogne, a réussi son coup et lancé la campagne des municipales tout en parlant des territoires, de leur sauvegarde, et tout en laissant François Baroin – bourguignon par une branche de sa famille qui a toujours pignon sur campagne à Ourroux-en-Morvan – raccrocher la branche gaulliste de l’UMP au déterminant mais petit arbuste centriste.

Ainsi se sent-on en ordre de marche. La campagne des municipales commence cette fois pour de bon. Les maires des villes d’à peine plus de 1 000 habitants scrutent la nouvelle loi électorale avec des yeux effarés : comment s’y prendre avec des listes bloquées en n’oubliant pas de respecter la parité hommes-femmes ? À Vitteaux, il fallait voir tous ces hommes et femmes de droite cherchant auprès des “grands” un encouragement à leur conquête des villes de gauche : on pense à Laurence Porte à Montbard, à Jean-Philippe Morel à Longvic, à Pierre Jacob à Chenôve, à Catherine Sadon à Semur même si cette ville est encore à droite, comprenne qui pourra.

Edouard Cavin (FN) candidat à Dijon (Photo Infos-Dijon)

On pense aussi au fabuleux trio qui, à Dijon, veut à tout prix déboulonner le seigneur dijonnais François Rebsamen. Oui, trio, d’abord parce que les Umpistes Emmanuel Bichot et Alain Houpert ne sont toujours pas départagés par les instances nationales et continuent de se concurrencer à coups de communiqués, ensuite parce que le troisième larron (FN) a fait irruption dans le débat au début de l’été et qu’il a la dent dure. Les deux premiers attaquent sur la désolation du foyer Sadi-Carnot ou le coût des impôts locaux, le troisième (Edouard Cavin) dénonce une insécurité galopante.

Pour François Rebsamen, qui a bien connu le père d’Edouard, Charles, au conseil régional, le risque est-il si grand ? L’arrivée du FN est nouvelle à Dijon et peut le servir dès le premier tour si … lui-même a fait l’unité (avec les Verts et le Modem) dès le premier tour. Dans le cas contraire, bonjour la triangulaire.

Michel HUVET





dimanche 7 avril 2013

CUMULS : FRANÇOIS REBSAMEN N'A PAS TOUT À FAIT TORT


Le maire de Morteau est aussi députée du Jura

Toute cette agitation post-cahuzienne ne doit pas faire oublier que si les sondages laissent croire que les Français sont contre le cumul des mandats, c’est évidemment qu’ils ne voient qu’un cumul d’indemnités, donc une affaire d’argent, donc de comptes en Suisse, et ainsi de suite.

La réalité est toute autre. Elle sort de la bouche d’une élue UMP du Jura, maire de Morteau, députée. Elle a fondé une association qui défend le cumul au nom des réalités vécues par les élus du monde réel. Un député sans mandat local ne comprendrait plus rien à la vie réelle des gens et voterait des lois inapplicables sur le terrain. Bien vu. La rejoint sur cet argument le sénateur maire PS de Dijon, François Rebsamen, qui insiste auprès de son ami président pour faire comprendre que le Sénat étant composé d’élus locaux, les priver de leur ancrage local est aussi les priver de toute légitimité.

François Rebsamen, sénateur et maire
Je trouve que Rebsamen a raison. Les habitants des villes, petites ou grandes, savent très bien l’intérêt qu’il y a à se dire que leur maire est aussi député (ou sénateur). Que cela est bénéfique pour leur commune. Et qui peuvent répondre à ceux qui leur rétorquent que ces élus cumulards ne font pas ainsi du bon travail, qu’un maire a autour de lui un nombre suffisant de collaborateurs et d’employés pour que ses dossiers soient bien traités. Evidemment, le cumul financier est à proscrire.

Le chanoine Kir, maire et député
Je me rappelle une réflexion du chanoine Kir qui, à 90 ans, était maire de Dijon et député. En 1967, lors des élections législatives, il fut battu par un certain Robert Poujade. Le chanoine, qu’on interrogeait après cette défaite, eut ce mot : "Qu’est-ce que vous voulez qu’un député qu’est pas maire il puisse faire ?"
Le bon sens du chanoine est resté légendaire.

Michel HUVET