jeudi 23 juin 2011

NUITS DE BOURGOGNE : LE RETOUR


Après les "climats des vignobles de Bourgogne", voici le retour des "Nuits de Bourgogne" grâce aux Archives départementales de la Côte-d’Or qui ont reçu de Mme Girault – longtemps la fidèle secrétaire du festival et la seconde de Michel Parent – le fonds d’archives en textes et photos du-dit festival.

Je rappellerai seulement que les Nuits de Bourgogne ont été pionnières tout autant qu’Avignon, que Gérard Philippe et Jean Vilar y sont venus prêcher la bonne parole culturelle décentralisée dès la fin des années 50, que les plus grandes créations y ont été produites par les metteurs en scène les plus incontournables, que Marcel Maréchal et d’autres y ont tous participé – même en 1969 où les châteaux étaient remplacés par les tours HLM de Chenôve devant lesquelles Maréchal joua post-modernement La Moscheta de Ruzzante – et que la création y a eu sa large part.

C’est dans ces fameuses "Nuits" qu’on vit tant de comédiens s’illustrer, ou débuter à l’instar de Marcel Bozonnet (dans Le Cimetière des voitures de Fernando Arrabal). C’est dans la valorisation du patrimoine historique (Dijon bien sûr, mais aussi Ancy-le-Franc, Saint-Fargeau, Bussy, Tanlay) que le théâtre vivant a trouvé son essor.

Michel Parent ici en conversation avec Juliette Greco



Une journée du souvenir est ainsi organisée le samedi 25 juin aux Archives départementales à Dijon – lieu patrimonial et culturel à souhait puisque ce bâtiment fut mairie de la ville aux XVII° et XVIII° siècles et que c’est là que jouèrent un soir de 1766 Wolgang et Nannerl Mozart – où se retrouveront les survivants de cette époque enthousiasmante pour évoquer aussi et surtout la mémoire de ce grand homme du patrimoine et de la culture vivante que fut Michel Parent.

Une anecdote pour ne pas trop rester emphatique. J’ai souvenance d’une soirée d’été dans la cour de Flore du Palais des États de Bourgogne où l’on jouait La Nuit des rois de Shakespeare. "Ecoute ce silence qui nous parle d’un autre monde" disait à peu près Prospéro. Et dans ce silence, soudain, le déchaînement de l’eau dans les latrines publiques du côté de la rue des Forges…

Michel HUVET



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