mercredi 26 novembre 2014

DÉPARTEMENTALES CÔTE-D'OR : MARIAGES EN VUE

Christine Renaudin (Talant)





C’est un sacré vilain tour que le Gouvernement joue aux élus locaux avec sa réforme territoriale. Ne parlons pas de la fusion des régions – ici, en Côte-d’Or, on va s’appeler désormais BFC hélas – mais uniquement de celle des cantons, regroupés pour des raisons d’équilibre démographique, 23 cantons qui auront chacun deux titulaires, un homme et une femme.

Paul Robinat (Talant)
      Du coup, c’est tout un monde qui s’écroule. Les vieux cantons avaient de  vieux élus qui avaient leurs vieilles habitudes. Tout cela s’est effondré. Bien des élus se retrouvent sans territoire et ne voudront pas forcément accepter de retourner dans l’anonymat. Par exemple, exit le canton de Mirebau, exeunt les cantons de Baigneux-les-Juifs ou de Dijon-8, et même ceux de Liernais ou de Vénarey-les-Laumes. Ils sont absorbés dans des cantons plus vastes. Alors ?

Et les “abandonnés” ?


On s’agite donc un peu partout au vu de ce rebattage des cartes pour voir quelle épingle on pourrait tirer de ce jeu bizarre. On sourit à toutes les femmes un peu en vue dans les territoires, histoire de former des couples séduisants. Par exemple François Sauvadet (ex-Vitteaux) va s’allier à Martine Eap (ex-Précy) pour conquérir un canton qui s’étend désormais de Saulieu à Vitteaux via Précy et Semur !

Oui mais alors, que vont faire tous les abandonnés ? Que vont devenir les Marc Patriat (ex-Semur), Marc Frot (ex-Baigneux), Joël Abbey (ex-Pontailler), Pierre Poillot (ex-Liernais), Georges Morin (ex-Montigny), hmm ? Ils ont tous déjà dit qu’ils ne veulent pas qu’on dise demain qu’ils n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Alors, ils secouent le cocotier de leur parti pour tenter un adoubement rapide et s’ils ne l’obtiennent pas de passer outre et d’entrer en dissidence.

Foire d’empoigne

Cela va nous faire une jolie foire d’empoigne. C’est déjà parti. Laurent Thomas (ex-Mirebeau) va se trouver en concurrence avec Nicolas Urbano (ex-Fontaine-Française) tout comme Joël Abbey (ex-Pontailler) et Dominique Girard (ex-Auxonne). Ils ont aussi pour tâche de dénicher, à l’autre bout de leur nouveau grand canton, la femme idéale pour leur couple futur : on devine par exemple qu’il y a promesse de fiançailles entre Jean-Philippe Morel (Longvic) et Marie Quintallet (Gevrey), entre Laurence Porte (Montbard) et Marc Devimes (Venarey), entre Hubert Brigand (Châtillon) et Agnès Bonfils (Billy-les-Chanceaux) etc, etc.

Ce redécoupage fait apparaître aussi, dans certaines contrées, des visages auxquels on n’est pas accoutumé. Ainsi, à Talant, n’a-t-on jamais tant vu Paul Robinat (ex-Sombernon) dans le quartier du Belvédère où la gauche a pourtant déjà quasiment adoubé le conseiller régional Stephane Woynaroski et l’élue municipale Christine Renaudin. Et puis, sachez-le, chacun des prétendants devra présenter aussi un ou une suppléante.

Du coup, et puisque la voie est ouverte, chacun et chacune peut se dire, comme moi : et si j’y allais ?


Michel HUVET


mercredi 17 septembre 2014

SÉNATORIALES CÔTE-D'OR : LE SUSPENSE OÙ ON NE L'ATTENDAIT PAS



François Patriat, sénateur sortant (Photo Public Sénat)

 Après le vote de confiance à l’Assemblée, et les frondeurs désormais proches de fonder leur propre groupe, après l’affaire de l’insolvable député de Mâcon, après les hauts cris poussés par les "réglementés", voilà qu’arrivent les élections sénatoriales.

Même s’il s’agit de grands électeurs, on voit mal comment le contexte national ne pourrait pas peser, de près ou de loin, d’autant que le nombre de listes est assez conséquent (8 listes en Côte-d’Or) et que cette élection doit se faire en un tour à la proportionnelle intégrale.

 Or donc, quid de nos trois sénateurs potentiels ? La sagesse des décrypteurs de tout poil laisse entendre que nous aurions cette fois, à l’issue du scrutin, deux sénateurs de droite libérale et un sénateur de gauche socialiste. Ce serait normal en temps normal. Mais le temps de l’automne est en fait un temps d’été et le temps politique est un temps de bouderie.

UMP : deux listes ...


 La droite ? Oui, certes, elle a de grandes chances, bien que l’UMP sortant Alain Houpert – escorté d’Anne-Catherine Loisier, la maire de Saulieu qui a toujours de la suite dans les idées – ait à affronter une sacrée liste dissidente : menée par Gilbert Menut, qui a rameuté les petits maires ruraux en rage contre les rythmes scolaires, lui-même escorté de la nouvelle maire de Montbard Laurence Porte, cette liste-là – dont on ne peut imaginer qu’elle n’ait pas le secret aval de François Sauvadet qui a placé son ami Marc Frot en cinquième de liste –, cette liste-là, donc, a le vent en poupe.

Gauche : trois listes ...


Philippe Hervieu (Photo EELV)

La gauche ? Elle se présente divisée. Les communistes du Front de   gauche ont une belle liste menée par Jacques Loury, les Verts aussi avec  Philippe Hervieu et Christine Durnerin, et la liste du sortant François  Patriat (PS) n’est pas mal non plus avec Isabelle Lajoux en seconde  position, cette dernière étant sénatrice sortante puisqu’elle a remplacé dès fin mars François Rebsamen devenu ministre et dont elle était la suppléante.


Outsiders : deux listes ...


Isabelle Maire du Poset (Photo DLR)
Joël Mekhantar, l'outsider inattendu (Photo JM)

 Il n’empêche que les sortants vont trembler. Le président de région, François Patriat, voudra savoir si les frondeurs de Paris auront fait des émules en Bourgogne – et Dieu sait qu’il y en a –, et les deux UMP ont hâte de savoir quel impact le malaise national aura sur les grands électeurs tentés par le Front national dont Edouard Cavin sera ici le représentant.

 Si l’on ajoute que des empêcheurs de voter en rond – l’élu dijonnais chevènementiste Joël Mekhantar et l’élue talantaise de Debout la République Isabelle Maire du Poset – sont venus troubler ce jeu déjà embrouillé, on comprendra que le suspense s’est installé là où on l’attendait peu.

Michel HUVET